Gilets Jaunes : la fin d’un monde sous nos yeux

Aller en bas

Gilets Jaunes : la fin d’un monde sous nos yeux

Message par Admin le Ven 11 Jan - 11:35





Le fil directeur semble bien être, malgré tout, le rejet massif d’un système politico-économique chargé de tous les maux. « Macron démission ! » est sans doute le slogan le plus entendu, et il est révélateur. C’est toute une population qui, opinions politiques confondues – mettons de côté les marcheurs et la bourgeoisie apeurée -, réclame désormais le départ du chef de l’État.
Paradoxalement, le maintien obstiné d’Édouard Philippe et les tentatives désespérées d’accroître la répression sont peut-être un nouvel atout pour le mouvement. En se raidissant dans une position de force, le régime engage une lutte dont il pourrait bien ne pas sortir vainqueur. Chaque durcissement de la répression attise la colère. Chaque déclaration des petits marquis – Griveaux, Darmanin – blesse un peu plus une foule méprisée qui ne le supporte plus. Quant à Emmanuel Macron, considéré à juste titre – parce qu’il représente le monde d’en haut qui gouverne le pays depuis quarante ans – comme responsable de la situation sociale du pays, sa posture de commandeur ne convainc personne.
Le mouvement pourrait bien aboutir, et il faut le souhaiter, à un effondrement du système. La Constitution de 1958, conçue pour un homme qui incarnait – jusqu’à François Mitterrand inclus – le chef d’un État souverain, n’est plus qu’une façade dérisoire. La démocratie représentative ne représente plus qu’elle. Les baronnies locales, en bas, les puissances d’argent et la Commission de Bruxelles, en haut, ont dépouillé les citoyens de ce qui leur restait de pouvoir : choisir des élus qui appliquent une politique. Les élus ne dirigent plus rien, ils administrent en fonction de règles qu’ils ne décident pas. Le politique a cédé le pas à l’économique, puis à la finance. Nos institutions sont vermoulues.
Certes, les gens raisonnables diront qu’il n’y a personne pour prendre le pouvoir. Que les gilets jaunes n’ont aucun programme, sinon celui – contestable – de rétablir l’ISF. Certes, entre le confort d’un vieux décor dont on ferme les yeux sur les fissures et l’incertitude du lendemain, le choix du statu quo est tentant. Encore une minute, Monsieur le bourreau… L’effervescence révolutionnaire, qui rappelle des heures sombres de nos histoires, ne doit pas tromper nos yeux habitués à l’idéologie républicaine : c’est peut-être le cycle entamé en 1789 qui s’achève.
Ne rêvons pas. L’Histoire se construit sur la longue durée. Mais, et ce n’est pas le moindre des paradoxes de ce mouvement animé en partie par des militants révolutionnaires, l’effondrement des institutions pourrait ouvrir un autre cycle, qui verrait notre pays se réconcilier avec son histoire et se donner un chef. Un vrai chef, capable de reconquérir sa souveraineté et de replacer la France au cœur de l’Histoire.
Qui ? Quand ? Comment ? Nul ne le sait. Mais sans aucun doute assistons-nous à la fin d’un monde.[/quote]
(Teutsch, Bd Voltaire)
avatar
Admin
Admin

Messages : 141
Date d'inscription : 23/06/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://voixpopulaire.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum